Méditer sur un coussin … et autres fantaisies

3 avril 2017   |     |     |  

 

Faut-il méditer sur un coussin pour bien méditer ? Cette question semble turlupiner certaines personnes intriguées par la méditation et son cortège de rituels présupposés. Alors, comme cette question m’amuse, je vais jouer avec elle dans ce billet un peu bizarre…

Faut-il ?…

La question commence par un « faut-il » qui ne fait pas bon ménage avec le mot « méditation ». La pratique de la méditation fait fi des « il faut » et « on doit ». Certes, il y a des indications, des recommandations, une posture corporelle recommandée et une attitude de l’esprit vers laquelle s’orienter. Mais ce ne sont que des guides, des lumières sur le chemin. Le duo « il faut – on doit » impose un cadre, des obligations et interdictions, un espace clos sans échappatoire possible. On est aux antipodes de l’esprit de la pleine conscience, qui est ouverture, autorisation, abandon.

Alors, pour commencer, et au risque d’en dérouter certains :

Il ne faut pas ; on ne fait rien. On est là. On est. En lâchant les injonctions.

Méditer sur un coussin, un tapis, un lit… c’est secondaire. Il est sage de commencer par s’affranchir des contraintes avant d’envisager quelques recommandations bienveillantes.

Quel renversement bouleversant !

méditer sur un coussin

… pour bien méditer ?

La question suppose que l’on peut bien méditer, ou mal méditer. Ainsi, le Dalaï Lama méditerait bien, et le débutant méditerait mal ? Et il faudrait appliquer toute une série de recettes pour réussir à bien méditer comme un moine bouddhiste ? Là aussi, on fait fausse route en s’embarquant dans ces considérations en mode pensée binaire, qui en plus supposent qu’il y a un idéal à atteindre. Il n’y a pas plus de recette que de bonne ou mauvaise méditation. N’est-ce pas à la fois déroutant, et soulageant ? Qui donc pourrait juger qu’untel médite bien, alors que tel autre médite mal ?

Il n’y a pas de grille d’évaluation, car il n’y a nulle part où aller.

Méditer sur un coussin, c’est d’abord méditer tout court.

Là aussi, quelle révolution dans notre quotidien soumis sans cesse aux injonctions de performance et de perfection !

Résolutions et méditation

Alors, méditer sur un coussin, est-ce un must ?

Maintenant que sont clarifiées les questions qui tendraient à enfermer la pratique dans un carcan et comme un nouvel objectif à réussir dans la liste de to-do de la journée, abordons le sujet du coussin.

Méditer sur un coussin n’est ni une obligation, ni la panacée, ni un rituel à adopter. C’est simplement « pratique » pour être en contact avec le sol (ancrage dans la terre) et adopter une posture droite (tête érigée vers le ciel), ouverte, souple et ferme à la fois. Le coussin permet au corps de se poser et à l’esprit de s’ouvrir à la présence. C’est testé, éprouvé et approuvé par des cohortes de méditants de tous âges et de tous pays !

Ceci étant dit, il n’y a aucune obligation. Vraiment aucune ! On peut pratiquer assis sur une chaise, debout, ou allongé (mais gare à l’endormissement !).

Et on ne parle là que de la pratique assise formelle. Si on ouvre les portes de la pratique informelle, tout instant de la journée est occasion de pratique. Alors prêts à pratiquer, avec ou sans coussin ?

Car peu importe le calice, pourvu qu’on ait l’ivresse…

www.spiritopus.com

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